Pulvérisés

Aurélia Guillet et Jacques Nichet

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De : Alexandra Badea
Texte édité aux Editions de l’Arche
Mise en scène : Aurélia Guillet et Jacques Nichet
Scénographie : Philippe Marioge
Musique originale : Nihil Bordureses
Création vidéo : Mathilde Germi
Création lumière : Jean-Pascal Pracht
Costumes : Elisabeth Kinderstuth
Assistante à la mise en scène :
Ariane Boumendil
Avec : Stephane Facco, Agathe Moliere

Voix off : Dominique Baux, Bruno Bléger, Ariane Boumendil, Marta Cases, Sarah Chaumette, Adama Diop, Martha Evonuk, Jérôme Ferchaud, Rui Gao, Cécile Garcia-Fogel, Bénédicte Guérin, Nina Jankovic, Laila Khaidouri, Martina Klausmann, Sabrina Kouroughli, Xiaofan Molinier, Nina NKundwa, Valérie Ollivier, Jeanne Piponnier, Pierre-François Pommier, Magda Radecka, Marie-Cécile Remy, Marion Trémelot, Laszlo Trouillet, Nathalie Trouvé, Hélène Schwaller, Wayan Lenoir, Olivier Werner, Zhuoer  Zhu, Sabine Zovighian.

Construction des décors et réalisation des costumes Ateliers du TNS
Photographies projetées de Alfredo Caliz / Rea, Denis Darzacq / Agence Vu, Toru Ukai

Production Compagnie L’inattendu
Coproduction Théâtre National de Strasbourg – Théâtre de la Commune – Centre Dramatique National d’Aubervilliers – Compagnie Image 1/2.
La Compagnie L’inattendu est subventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication.

Remerciements au Théâtre National de Toulouse et plus particulièrement, à Jean-Marc Boudry, Joan Cambon et Aline Loustalot ; à l’Atelier Volant et à Caroline Chausson, Clément Durand, Antoine Raffalli et Matthieu Tune ; à l’Alliance Française et à Astrid Delaloy ; au Collectif MXM ; et aussi à Nello Bartolucci, Jean-Clemens Battesti, Basile Fauconnier, Owen Montaudié, Marc Susini.

La commande du texte a été passée à Alexandra Badea par Anne Courel (Théâtre Théo Argence de Saint-Priest).
Pulvérisés a reçu le Grand Prix de la littérature dramatique 2013 du Centre National du Théâtre.
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com

Production et diffusion Scènarts – Contactez Rémi Jullien

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Création du 4 au 21 Février 2014 au Théâtre National de Strasbourg

Il sera par la suite en tournée :
Le 25 Février, au Théâtre Le Préau – Centre Dramatique Régional de Vire,
Le 28 Février, au Théâtre Municipal de Roanne,
Et, du 19 Mars au 5 Avril, au Théâtre de la Commune – Centre Dramatique National d’Aubervilliers.

Pulverises © Bruno Bléger

Pulvérisés © Bruno Bléger

NOTE D’INTENTION

La course effrénée au profit, la folle circulation des capitaux se ruant sur la main-d’œuvre la moins payée, le dérèglement du marché financier multipliant les faillites d’entreprises et accroissant la dette de pays entiers, nous les subissons comme de mauvais rêves et nous aimerions nous réveiller…

Alexandra Badea a donné forme à un tel cauchemar : elle raconte une journée et une nuit de quatre personnes étrangères les unes aux autres. Pourtant la « mondialisation » les relie à leur insu. Elles n’en sont que des pions. On ne connaît même pas leur nom, seulement leur différente fonction sur un organigramme, leur ville, leur sexe :

« Responsable Assurance Qualité Sous-traitance Lyon H »
« Superviseur de Plateau (Team leader) Dakar H »
« Opérateur de fabrication Shangaï F  »
« Ingénieur d’études et développement Bucarest F »

L’auteur suit successivement chacun de ces inconnus, depuis leur réveil, tout au long d’une journée sans date et d’une interminable nuit. Elle les accompagne sur leurs lieux de travail et jusque dans leurs chambres ou leurs dortoirs. Elle a choisi quatre vies anonymes parmi des millions et des millions et des millions qui se brûlent pour faire tourner la gigantesque roue de l’Économie Mondiale.
À la manière de Georges Perec dans L’Augmentation, Alexandra Badea délaisse les canons du théâtre traditionnel, la fable, la division en acte et en scène, l’affrontement de personnages incarnés par des acteurs, costumés et maquillés… Au lieu d’écrire de brillants dialogues, l’auteur préfère s’adresser à mi-voix à ceux qu’elle vient rejoindre : elle les tutoie familièrement, leur parle en toute franchise, sans aucune pudeur. Elle dit à chacun ce qu’il est en train de vivre, de faire ou de penser, à l’instant même où elle le dit.
Ce poème narratif entraîne avec lui action et pensée, objectif et subjectif. Le texte bascule constamment du monologue au dialogue. Une voix plurielle traverse la solitude d’un corps, entourée d’autres solitudes…

Nous nous réjouissons de pouvoir commencer à imaginer le premier « mode d’emploi » possible de ce récit épique qui, dès la première lecture, nous a saisis par sa force et son originalité. Sa forme même nous invite à explorer une autre manière d’aborder le théâtre.
Écrit rythmiquement en vers libres, ce poème peut survenir sur scène à la manière d’un « oratorio de quat’ sous » : la musique composée par Malik Richeux accompagnant la performance d’Agathe Molière et de Stéphane Facco ; les deux acteurs donnant une vigueur chorale et corporelle à une parole fragmentée, divisée, déchirée puisque la crise traverse les têtes, transperce les corps.
A chacune de leur séquence, le visage de chacun des personnages apparaîtrait projeté sur grand écran, les yeux fermés, comme s’ils écoutaient une voix intérieure : la leur interprétée par les acteurs.
Chaque portrait semblerait ainsi se parler pour mieux saisir ce qu’il est en train de vivre, de faire subir à un autre ou de subir lui-même malgré lui. Pour ressaisir une part de son être qu’il ne parvient plus à reconnaître. Tous se sentent pris au piège d’un filet de contraintes et aspire à s’en délivrer pour partir vers une vie meilleure, ailleurs, où ?

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Pulverises © Franck Beloncle (3)Pulvérisés © Franck Beloncle

Sur ces portraits géants peut se répercuter et rebondir une langue parlée, rude, rapide, répétitive, parfois, non sans humour, proche d’un sabir technique. Le rythme râpeux des mots, des notes de musique et des matières sonores, nous l’imaginons se déployer dans l’espace dépouillé dont Philippe Marioge a le secret. Tout ce bouillonnement évoquerait les flux tumultueux des marchés, les violents combats économiques qui ravagent une planète.

Toi, à 16 ans, tu voulais devenir reporter de guerre. T’es pas loin finalement (…), sauf que tu ne risques rien dans les guerres que tu couvres, car tout se joue dans des bureaux climatisés. Les bombes n’explosent que dans les corps de ceux qui remplissent tes statistiques.

Au fur et à mesure, les grands portraits photographiques perdraient inexorablement de leur éclat, de leur netteté, se dissolvant lentement sous l’effet de l’acide de ce récit.
Nous ressentons l’urgence à donner à entendre cette pièce qu’Alexandra Badea a écrite  » comme on appelle une ambulance « .

Aurélia Guillet et Jacques Nichet
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ALEXANDRA BADEA
Auteur

Alexandra_Badea.dépressurisationAlexandra Badea est metteur en scène, scénographe et auteur roumain. Née en Roumanie en 1980, elle suit une formation de metteur en scène à l’Ecole Nationale Supérieure d’art Dramatique et Cinématographique I. L Caragiale à Bucarest. Depuis 2003, elle vit à Paris et travaille entre la Roumanie et la France avec des comédiens français, roumains, polonais.

Très vite, elle développe une écriture scénique aiguë non ordonnée qui accueille la pluralité des sens et initie le risque. Un nouvel espace d’apparitions multiples où se ré-articulent conscience et politique, intime et ré-inscription dans le monde. Une fuite de la représentation qui opère aux limites du symbolique et qui fraie avec toutes les formes et machines à produire des images et des sons capables d’interagir à l’état brut sur le plateau. Pour révéler ce qui affecte, ce qui donne corps et élan pour agir.
En 2002, elle est assistante à la mise en scène de Radu Penciulescu pour le spectacle L’Autre Cioran (Théâtre National de Timisoara). En 2003, elle reçoit pour la mise en scène de Lebensraum d’Israël Horowitz, le Prix du Meilleur Spectacle au Festival de Pietra Neamt et le Prix pour Virtuosité dans l’Expression d’une Idée Contemporaine au Festival des Jeunes Metteurs en Scène de Buzau en Roumanie.
Depuis 2005, elle est artiste associée à la Compagnie Europ’artes à Paris.
Sélectionnée par la Commission Internationale du Théâtre Francophone, elle participe à la Mission Pépinière à Projets qui réunit dix-huit artistes et créateurs de la Francophonie en Avignon en juillet 2007.
En mars 2008, elle crée  69 de Igor Bauersima (Théâtre National de Timisoara) et en avril 2008 Le Complexe Roumanie de Mihaela Michailov (Théâtre National I. L Cargiale à Bucarest) qui reçoit le Prix Uniter 2007 pour la meilleure pièce. Elle participe aussi en qualité d’artiste associée à la Résidence-Rencontre Des voix. Des mots lors de la célébration du 400ème anniversaire de la ville de Québec.
Elle est artiste en résidence d’écriture et de création au Tarmac des Auteurs au Congo- Kinshasa où elle écrit Immigration jetable en août 2008 et à Iasi en Roumanie où elle écrit 4*4 en septembre 2008. A l’automne, elle est artiste en résidence, section arts de la scène, au Centre International d’Accueil et d’Echanges des Récollets subventionnée par le ministère des Affaires Etrangères et la Mairie de Paris. En mars et septembre 2009, elle crée respectivement Comment Barbie traverse la crise économique de Mihaela Michailov (Théâtre National de Timisoara) et son texte Contrôle d’identité (TARMAC de la Villette à Paris).
Ses textes Mode d’emploi, Contrôle d’identité et Burnout sont publiés en septembre 2009 chez l’Arche Editeur. Son dernier texte, Dépressurisation, fait partie du Palmarès 2012 de la Commission nationale de l’Aide à la création de textes dramatiques du Centre National du Théâtre.

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AURELIA GUILLET
Metteur en scène

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Après un DEA d’Études Théâtrales et différents cours d’interprétation, elle joue avec Célie Pauthe, Lucie Nicolas, Serge Pauthe. Elle entre ensuite dans la section mise en scène à l’école du Théâtre National de Strasbourg. Elle est ensuite assistante de Daniel Jeanneteau, Stéphane Braunschweig, Frédéric Fisbach et de Jacques Nichet avec qui elle noue une étroite collaboration (Le Collectionneur d’instants de Quint Buchholz, La Ménagerie de verre de Tennessee Williams et Tous ceux qui tombent de Samuel Beckett).

Elle est aussi collaboratrice artistique de Claude Duparfait, Antoine Gindt, Blandine Savetier et de Célie Pauthe.
Elle anime de nombreux ateliers, est chargée de cours pratiques en Études Théâtrales et dirige, depuis 2009, l’Atelier Théâtre de l’Université de Paris I en partenariat avec le Théâtre National de La Colline.
Elle met en scène L’Ours et la Lune (Claudel – Théâtre aux Mains Nues), La Mission (Müller- Ecole du TNS), Paysage sous surveillance (Müller – Festival Premières du TNS), Penthésilée Paysage (Kleist / Müller – TNS, Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis – Prix du Souffleur meilleure mise en scène), La Maison brûlée (August Strindberg – TNS) et Déjà là (Arnaud Michniak – Comédie de Reims, Théâtre National de La Colline, Festival Neue Stücke aus Europa-Wiesbaden